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Dis papa, comment on fait les bouteilles de lait ?

Me voilà repartie, telle un Don Quichotte, à regarder tourner les roues du moulin et à me demander d’où vient le vent ?

« Quelle place pour le père dans le couple ? Nouvelle répartition des tâches ? »

Dans mon entourage, nombre de pères ont abandonné.
Beaucoup d’entre eux, ceux de ma génération, sont mal dans leur basket. Entre le rôle de père disponible, celui de compagnon aimant et l’ambition professionnelle, ou du moins la crainte du chômage et la niake pour garder son job, les petits costauds des écoles de garçons, qui se bastonnaient à la sortie de l’école, ont bien du mal à compter leurs billes.

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J’ai, à la maison, cinq de ces « spéci men », mon compagnon et quatre fils, deux sont à lui, deux sont à moi.
Les fils : élevés dans des milieux culturels différents, assommés de valeurs toutes aussi différentes, leurs comportements n’en demeurent pas moins identiques lorsqu’il s’agit des « tâches partagées ».
« Je ne suis pas une boniche » me fût à plusieurs reprises renvoyé par les impétueux bonhommes.
Malgré la « règle des tours » pour mettre la table et un indispensable flicage pour s’assurer que le linge sale prend la bonne direction, je reste tout de même consciente de l’effort fourni par les garçons.

Elevés dans la logique du « grand, beau et fort » (et pour les filles du « belle, sage et tais toi), nos petits garçons mesurent leur valeur par la force, l’adresse et l’intelligence… et, assez schématiquement c’est ce qui les fait grandir, ce qui les construit.
Dans ce contexte, leur demander de faire leur lit ou de ranger leur chambre, de mettre le couvert ou de ranger le linge contient une part d’humiliation, que très vite seul le père arrive à faire subir (forcément c’est lui le plus fort !).
Ces tâches, autrefois accomplies par les femmes et laissées à leur dextérité, n’ont aux yeux des petits garçons aucunes valeurs, n’engageant ni leurs capacités physiques ou intellectuelles… elles ne sont pas valorisantes. Et bien au contraire, « faire des trucs de filles », ça craint…

Parle nous de ton compagnon me direz-vous, car le sujet est bien « La place du père…. ».

J’ai abordé le sujet avec les fils parce qu’il m’apparaît évident que l’éducation et les références culturelles qu’elle trimbale sont le noyau dur de notre petit problème.

Le père d’aujourd’hui, élevé dans les préceptes précédemment cités, a ceci de différents avec ses fils…
Mûrissant et voyant sa compagne s’affairer telle une abeille, l’homme se rend bien compte que s’il ne met pas la main à la pâte il peut s’asseoir sur sa turlutte hebdo ou aller voir ailleurs si j’y suis.
Toutefois, et malgré sa bonne volonté, il ne prendra guère les initiatives et ceci engendrera les sempiternels reproches entendus chez tous les couples qui ont + de 5 ans de bouteille
« Elle n’est jamais contente », « Elle ne s’arrête jamais » dira l’homme frustré
« Il n’en fout pas une », « toujours le cul devant la tv » dira la femme épuisée (et frustrée aussi).

Alors !!
Carton rouge pour ma génération qui s’adapte difficilement, et celle de nos aînées, de nos mères qui n’ont pas vu arriver le nouvel homme… il ne vit plus dans une maison nécessitant de multiples bricolages, il ne fait plus la vidange de sa voiture ou autres travaux herculéens.
L’homme actuel vit dans un appart et achète du « tout prêt », il fait faire sa vidange puisque l’étendue de son garage ne lui permet pas de poser un tournevis, il ne jardine pas, au mieux parce qu’il n’a pas le temps, au plus fréquent parce qu’il n’a pas de jardin, sa valeur se mesure en CAC 40 et ses préoccupations sont « garder mon job », « payer mon loyer et le psy du petit », « aller au ski en février », « aller au soleil l’été prochain ».

A l’ère du rtt et du loisir « hollywood chewing gum », on ne demande plus aux hommes de savoir faire pousser une tomate ou de faire preuve d’ingéniosité dans la maison pour agrémenter un quotidien difficile ou de faire des travaux nécessitant force et ténacité (monter une charpente sous la pluie, bêcher la terre du jardin, couper le bois et le transporter….).
L’homme doit être compétitif parce que tout s’achète.

La nouvelle place du père dans le couple dans tout ça…

Si l’on veut bien consacrer quelques secondes à la psychologie du couple et de l’enfant dans le couple, on apprendra que la mère est celle qui porte l’enfant vers l’intérieur (instinctivement la mère porte son enfant en prenant soin de mettre son visage sur son épaule ou sur sa poitrine), elle est la douceur, celle qui rassure.
Le père est celui qui porte vers l’extérieur, qui fait découvrir le monde et qui lance les défis.

Ne faudrait-il pas considérer ceci pour définir la place de chacun, laisser parler les instincts ?

L’homme sera toujours la force et il faut lui laisser ce rôle. Nous les femmes en avons besoin et nos petits aussi. L’homme a l’instinct des défis et de se mesurer, laissons le apprendre ceci aux enfants.
Laissons au père son vrai rôle, celui d’un éducateur, qui demande souvent « plus » parce qu’il a aussi cette fierté… son moteur.

Et dans la nouvelle répartition des tâches apprenons aux hommes un peu de cette douceur qui fait parti de notre univers (dans la mesure où nous sommes parties au charbon et que les mêmes stress du boulot nous pourrissent la vie).
L’homme abordera souvent ces tâches d’une façon qui nous paraît saugrenue… très vite le bain du petit deviendra le théâtre d’une bataille navale, le repas pris à la petite cuillère prendra la tournure d’un ballet aérien bruyant et après l’habillage votre bouchon reviendra transformé en superman.
Dans les travaux ménagers l’homme peut encore se révéler ludique, la guerre et le sport étant ses principales inspirations… le ballai se transformera en club de golf et l’aspirateur en mitraillette…

Qu’à cela ne tienne, nous les femmes, avons, à notre façon et avec nos armes, envahi le territoire masculin, celui du travail.
Les postes de leaders, les professions autrefois réservées aux hommes nous sont ouverts, alors laissons les envahir notre monde à leur façon, en respectant ce qu’ils sont.

Inutile d’exiger de notre homme qu’il soit aussi efficace que nous pour l’entretien de la maison ou qu’il ait la même patience et le même « émerveillement » avec les bouchons…. Ou alors… si vous lui demandez ça, soyez aussi capable d’aller tondre les 900 m2 de pelouse et sortez la poubelle de 10 kg…

Je veux dire, en fait, qu’au-delà de l’éducation nous avons des instincts, des sensibilités et des comportements tellement différents qu’il nous faut surtout penser à « composer ».

Dans cet avis, j’aurais pu rester « basique » et me limiter à « puisque nous les filles allons au bureau, eh bien les hommes doivent se mettre aux tâches ménagères »…

Si nous sommes au boulot maintenant, c’est parce que nos grands-mères se sont battues pour ça, pour que nous soyons indépendantes, et aussi parce que l’économie mondiale a explosé… ils n’y sont pour rien, ils n’ont rien demandé et nos mères ont continué à les élever comme si nous allions rester à la maison pour tout faire. Elles ont voulu l’indépendance… nous l’avons, mais les principes d’éducation n’ont guère changé et ça fout un bazar terrible !

Méga plantage et pas glop… les hommes ne savent plus comment se valoriser parce que nous les égalons ou les dépassons au boulot… Il leur faut retrouver une position valorisante, constructive, nécessaire dans la famille.

Alors patience, laissons leur le temps, montrons leur le chemin et acceptons qu’ils fassent différemment de nous.
Ils ont un long apprentissage à faire, celui d’une remise en question très nouvelle (quelques 50 ans peut être… sur l’échelle de l’humanité c’est minuscule) et ils n’ont pas de modèles.

C’est difficile pour tout le monde, les mariages se défont plus vite qu’ils ne se font… composons, composons, apprenons à vivre « ensemble ».

Et les garçons, cessez d’être jaloux quand le tout petit arrive… l’amour que votre compagne éprouve pour votre enfant n’a rien à voir avec ce qui vous unit. Elle peut continuer à vous aimer en cajolant son enfant, c’est aussi dans ses capacités !

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Tchesssss – Manager de futurs princes charmants 🙂

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