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Home sweet home

Je vais vous parler d’une région qui me tient particulièrement à cœur, plutôt sauvage et question budget pour les vacances, une des plus accessibles.

Allez, on prend sa carte routière, on va se donner un point de départ universel, Guéret dans la Creuse, non je déconne, Paris. Et on descend direction Sud-Ouest.

Ce n’est pas une promenade, il faut prévoir… 720 bornes.
Après Bordeaux, c’est la traversée de la forêt landaise et au bout l’océan. Il est où l’océan, il est où ?

Patience… on prend la direction Capbreton, encore quelques petits km, voilà, ça y est, il est là !

CAPBRETON

Ville – Port de Pêche – Port de Plaisance.

6642 habitants

Accès : Autoroutes Train : Arrêt à Dax ou à Bayonne puis autobus (services réguliers).

Avion : Aéroport de Biarritz-Parme – 20 mnts en voiture.

Mer : Port de plaisance – 1000 places.

Hébergement : Nombreux campings – Hôtels – Chambres d’hôtes.

UN PEU D’HISTOIRE ?

Avant son détournement définitif, en 1578, vers la ville de Bayonne, l’Adour (fleuve local), fit naître CAPBRETON « La Cité aux 100 Capitaines ».
De là, partaient les marins, pêcheurs de baleine, vers l’Islande et Terre-Neuve. Ils faisaient commerce de leur pêche avec les Britanniques.
On se plaît à dire que ce sont les marins de Capbreton qui auraient les premiers découvert l’Amérique, l’Ile de Capbreton au nord de la Nouvelle Ecosse en serait le témoin.

LE PORT

De Pêche : Capbreton est né de la mer

Face à l’estacade, d’une profondeur abyssale (3400 m), le GOUF de Capbreton est une fosse marine dont l’origine reste mystérieuse (maquette visible au musée de la pêche et de la mer).
Le calme de ses fonds recèle des trésors de pêche, aussi, le port fonctionne quotidiennement.
Les marins vendent directement leur pêche sur le port : dorades, thons, maquereaux, chipirons,… c’est l’assurance du poisson frais !

De Plaisance : Mais oui… Allez, juste pour le fun – 1000 places donc, pour des coquilles jusqu’à 23 m.
Chaque emplacement dispose d’eau potable et d’électricité. Zone d’avitaillement et zone technique, tout est prévu.
Les commerces sont à proximité du port.

LA VILLE

En se baladant dans les ruelles de Capbreton on pourra découvrir des maisons du XVe et XVIe siècle, on y verra aussi l’église avec sa tour de guet qui permettait de surveiller le déplacement des bateaux.
Capbreton est une ville très différente des autres villes ou villages landais, on y sent, on y voit l’influence de ceux qui ont voyagé, et notamment l’architecture du Pays Basque (fameux marins aussi les Basques !).

Avantage de premier ordre, Capbreton est une ville très bien achalandée (et ce n’est pas du tout le cas, dans les Landes en général). A un quick drive près, on y trouve tous les commerces sans que la ville en perde pour autant son caractère.

L’OCEAN !!!

Là, c’est avec un plaisir non dissimulé que je vais vous exposer ce que j’en sais et ce que j’en pense.

Amis Surfeurs, nous y voilà !

Des séries parfaites, de quoi se faire sucer (non, je parle aux surfeurs là !), c’est parti pour les aérials et autres acrobaties… Et si vous êtes là en septembre, vous aurez, sans doute, la chance de voir Rob Marchado, Kelly Slater, Tom Curren ou Boris le Texier, voire les 4, pendant la Quiksilver Pro. Si vous êtes là au mois d’août vous pourrez voir la Quiksilver Grommets Trophy et la Rip Curl Pro à Seignosse (5 km) et à Hossegor (à côté).

 

Avis pour les filles ! Les plages landaises sont des plages de surfeurs. Un régal pour les yeux, je ne connais pas mieux que le surf pour muscler harmonieusement un corps… Oui, bon c’est vrai, il n’y à pas que le surf. Tournoi de beach volley, cerf volant et les vagues.
Tout le monde n’est pas surfeur, le body board est vraiment génial dans les vagues, mais inutile de vous encombrer du bateau en plastoc offert par le Carrefour de Guéret, il n’y survivrait pas !

L’océan est dangereux ? Oui.
Toutes les plages sont surveillées, ont leur poste de MNS (petit secret local, on les appelle mnm’s), et des directives de baignade.
D’abord le drapeau : vert, jaune ou rouge, puis la zone de baignade. Si vous vous baignez en dehors de cette zone, les mnm’s vous rappellent à l’ordre.

Encore un petit secret, je suis vraiment sympa ce soir. En arrivant dans les Landes, munissez-vous d’un calendrier des marées et programmez vos temps plages en fonction de ce dernier ; sachant qu’un petit coefficient sera moins dangereux et qu’il vaut mieux se baigner à marée montante (le descendant entraînant vers le large).
Pour les enfants, le top étant la marée basse, ses petites vagues et les coquillages sur le sable découvert.

LE SOIR

Les restaurants de fruits de mer, poissons et spécialités landaises longent l’entrée du port et le front de mer.
Comme partout, vous trouverez aussi les pizerrias et petites bicoques de restauration rapide.

Soirées en famille, les spectacles de folklore landais sont fréquents (à ne pas manquer, si les échassiers sont bons, vous vous régalerez), les courses de vaches landaises et les tournois de cesta-punta (oui, oui, les enfants peuvent regarder !) sont également proposés de très nombreux soirs.

Par temps de pluie, si vraiment on ne sait pas quoi faire de sa soirée, le cinéma et le casino sont justes là, face à la mer, aussi. Pour s’éclater un peu plus ou autrement, ambiances chaudes dans les boîtes du nuit (soirées tee-shirt mouillé, soirées Despé, soirées gratis pour les filles, etc…) il faudra aller à Hossegor, à Seignosse ou à Souston pour les plus proches.

ET PUIS… Pas mal de ballades sont à prévoir.

On a la peau complètement cramée par le soleil, marre de se prendre des gamelles dans ces putains de vagues, si on filait vers l’Espagne. 50 km, buenos dias, à la frontière vous pourrez faire le plein de chorizo, charcuterie, ceintures de cuir, alcool, cigarettes, sombrero et castagnettes !

N’oublions pas le Pays Basque, très beau, très vert, et Biarritz, sa superbe plage et un joli musée de la mer (mais attention, conditions de circulation et de stationnement difficiles dans Biarritz).
Ni les Pyrénées, une cinquantaine de km aussi, pour des ballades estivales en montagne.
Nous sommes dans les Landes, les visites dans les terres ne sont pas dénuées d’intérêts, l’écomusée de la Grande Landes à Sabres (100 km) propose la visite d’un airial et l’exposé de la vie landaise autrefois (au temps des échassiers…), voir les Thermes de Dax, passer la journée à l’Aquaparc de Seignosse le Penon, et encore… (va falloir que je fasse un deuxième avis !!).

LES FETES

Les landais sont festifs.
Tous les villages font des fêtes. Vous voulez voir de vraies fêtes ? Allez à Bayonne, à Dax ou à Mont de Marsan, 5 jours de fiesta à tout casser ! Les locaux ne les ratent pas…

Mise en garde : je vous déconseillerai plutôt d’y emmener des enfants le soir… parce-que là, on entre dans le monde des « festayres », la Manzana, le Ricard et le Melocotton coulent à flots, viande saoûle (mais alors vraiment pétée) assurée. Pour les amateurs, les fêtes ne vont pas sans les « Ferias » : corridas et courses de vaches landaises font parties du folklore et de la fête.

J’aurais encore pas mal à vous raconter sur les Landes, mais pour cette fois, je pense en avoir suffisamment dit.

J’aimerais vous avoir donné envie, d’aller goûter la fraîcheur iodée de l’océan et de vous balader pieds nus sur le sable fin des immenses plages landaises.


J’ai joué à la marelle avec DD

J’avais presque terminé mes courses, le rayon des boissons est le dernier – assez bêtement, j’en conviens, car il est nécessaire, à ce moment, de réorganiser le caddy afin de ne pas écraser les tomates avec les packs de 1,5L de jus de fruits -.

Je cherchais le coca cola saveur vanille que mon fils aîné tient absolument à goûter – ce dernier augurant qu’il serait meilleur que l’original mais je suis bien sûre qu’il s’agit là de considérations d’ado attiré par la nouveauté, tel un moustique se jetant sur les phares de ma mondéo par une belle nuit d’été.
Je voulais lui prouver que, dans tous les cas, l’original est irremplaçable et bien meilleur. Cette petite leçon m’aurait été utile pour lui seriner à nouveau les recommandations matriarcales : Cesse de te conduire en moustique mon fils ou tu finiras par t’écraser lamentablement, ébloui par la première « jolie » lumière qui brillera dans ta vie….

Mais dans le rayon, point de coca cola saveur vanille.
J’allais filer, dépitée, vers les caisses, lorsque mon regard fût accroché par quelques canettes fort belles, d’une boisson au nom proportionnellement étrange à la beauté du package : DARK DOG.
Il n’en fallait pas moins à l’intrépide acheteuse que je suis pour embarquer, illico, deux canettes du fameux breuvage. Tel le moustique venant s’écrabouiller dans mes phares, je venais de succomber à la tentation du « joli – nouveau – pourquoi pas ? – essayons – et puis merde… »

J’ai VU, j’ai GOÛTÉ la boisson des champions, j’ai NOMMÉ «DARK DOG » Energy.

J’ai VU

Une canette lookée : Petit diamètre : 5cm, Hauteur : 13.5cm. Toute jaune, en haut, en rouge et faisant tout le tour de la canette, la variété du produit : ENERGY, en position centrale, le fameux Dark Dog, illustration d’un clebs agressif, en colère dirait on, en peinture dégoulinante (formant les pattes ?), et en bas, toujours contournant la canette dans sa totalité DARK DOG en lettres noires…

Il existe 3 autres variétés de DARK DOG : « original », « citron » et « orange ».

Cette boisson est autrichienne et distribué par Karlsbräu France, me voilà bien avancée.

Cette canette est vraiment jolie, originale…la canette Despé fait figure de vieux croûton à côté de celle là ! (Séquence Pub : voir mon avis Despé…)

Avant de goûter, mon regard s’attarde sur la composition, DARK DOG, c’est pas un nom de boisson ça ! Accrochez- vous :

Eau gazéifiée
Extraits de Guarana (fruits des Guaranas, cultivés en Amazonie et contenant de la caféine).
Dextrose – arômes – citrate de sodium
Caféine : 15mg pour 100 ml, soit 37.5mg pour une canette.
Sucre acidifiant (E330)
Sucre caramélisé
Colorant (E150d)
5 vitamines

Hummm, ça sent gravement le chimique ce truc… peur de rien, j’ouvre…

J’ai GOÛTÉ

…. la canette, je sens et là… je me revois petite fille jouant à la marelle et à la corde à sauter ! Ça sent le MALABAR !

Aïe, me dis-je, l’association d’idées se fait vite… malabar, chimique…

Je goûte…

Les sensations : ça fait comme les « pezz » ou l’aspirine effervescente, un feu d’artifices dans le palais.
Le goût : DD me fait penser au SanPellegrino, à de la grenadine gazéifiée, à un malabar liquide piquant… un goût original parce que complètement nouveau !
Trop sucrée, cette boisson ne me désaltère pas du tout.

Avec mon fils, nous voulons voir sa couleur et vidons le reste de la canette dans un verre : Surprise !! DARK DOG Energy à la couleur d’une bière blonde et elle mousse !!

Sur le goût mon impression finale est assez négative – en gros, je dirais : aspirine effervescente goût framboise, vitaminée et caféinée… Archi chimique.

**Bonus ** Le guarana aurait des vertus relaxantes pour les muscles et diurétiques… cette boisson sent le médoc au malabar, prenons la telle que…

Finalement, mon fils est super content… il aime la canette et son contenu, c’est fun. De plus, DARK DOG sponsorise les courses de bécanes.

Perso, ça fera un pot à crayon potable…

Tchesssss préfère la Despé


Le houblon subversif… Despérados quand tu me tiens

DESPERADOS (Petit Larousse 2000) : (mot anglo-amér., de l’esp. Desespérado, désespéré).
Personne qui vit en marge des lois et qui est prête à s’engager dans des entreprises violentes et désespérées.

Pour écrire ce p’tit papier, j’ai, au préalablement, erré sur les sites des « biérophiles ».

Accompagnée de « I don’t think’I Gonna Figure » j’ai cherché les Despérados et me suis retrouvée dans les Rocheuses après avoir traversé le Canada et ses broue-pubs – ils brassent et vendent leurs propres bières-.

L’origine de la Despé je n’ai point trouvée !
On dirait même, dans le milieu des biérophiles, que ce n’est pas une bière…. mais chut, on fera comme si…

C’est parti, sur fond de « School Days »

Jolie blonde, parfumée au citron et aromatisée à la Téquila, elle voit le jour il y à un peu plus de 10 ans, dans les brasseries Fischer.

Avec un 5.9° d’alcool, la toute jeune blonde est tout de même une des plus costauds !
Egale à la Kingston, légèrement inférieure à la Fischer (6°), mais restant assez loin de l’Adelscott qui nous met sa claque avec son 6.6°.

En user, ne pas en abuser… après une 33cl de Despé j’imagine que le ballon vire au positif.

Keny m’a rattrapée, l’attitude Despé se veut, être un esprit libre, nageant à contre courant et refusant les certitudes !
L’attitude Despé c’est « Très Despé, très frappé ».

Allez, j’en ouvre une, si on changeait la zic ?

Linkin Park balance ses terribles fonds de grattes et pchhhhhhhhhh…..

Ça sent le citron et la bière, tout va bien.
Vite, dans un grand verre, j’ai envie de vous raconter la texture de la mousse.

Cette bière est dorée, c’est plus que blonde ça !

Mousse très légère, très aérée, qui ne stagne pas, disparaît vite … Arghhhhhhh, je ne peux même pas la goûter !!!

Dans le palais j’ai maintenant ce goût de céréales, de citron et un chouïa de téquila.
Très désaltérante, un peu sucrée, douce et parfumée.

Elle est très fraîche, je pense qu’elle ne serait pas bonne si elle était tiède.
Elle me chatouille le palais, de petits pétillements s’amusent en ricochet, dans le gosier, whoaw, ça fait du bien…

Concentrons-nous sur la canette.
Elle me plaît moyennement.

DESPERADOS, le logo rouge sur fond blanc, une police cow-boy, comme dans les films l’indication du Ranch au dessus de la porte à deux battants, dans laquelle s’engouffrent les durs, éperons calés derrière les bottes crottées, la westminster sur l’épaule.

La 50 cl ne rentrait pas entièrement dans mon verre, je le remplis à nouveau. Cette fois je me précipite pour goûter la mousse… un goût dominant, le citron !

Je reviens à la canette, bleue, rouge, orange, jaune, vert et alu… curieusement nous avons là toutes les couleurs de l’Ethiopie…..

Allez dico ! Je vais voir ça de plus près, bof l’Île Maurice… ahhhhhh la Bolivie, on s’approche, un petit peu de Brésil, une pointe de Mexique, bon, on va dire qu’ils ont fait une petite combinaison sud américaine pour la canette !

Ça y est, je sens aussi la téquila et sa sournoise intrusion, je commence à avoir chaud (je sais, m’en faut pas beaucoup).

Maintenant je vais m’envoyer Georges !! – en décodé je vais écouter Prohom –

Après plusieurs gorgées… une certaine âpreté, pas désagréable.
Le citron donne et laisse une sensation de fraîcheur.

La téquilla, quant à elle, est bien là !

J’ai aimé vous parler de la Despé, parce qu’en plus c’est pas mauvais une Despé, un dimanche après midi, que l’envie de musique vous titille et que vous avez soif !

Georges et moi vous saluons, je vais me coucher…


Kellogs Corn Flakes **La petite histoire**

Il Y A BIEN LONGTEMPS ET TRES LOIN D’ICI …

A l’origine du maïs – Son ancêtre serait une plante sauvage appelée Téosinte Balsas et selon l’évaluation de vestiges sur les hauts plateaux du Mexique, les scientifiques estiment son âge à 5000 ans avant JC.
Domestiqué par les Indiens (Aztèques, Mayas et Incas), le maïs symbolisait la vie et la résurrection.
Le terme « Mahiz » signifie « mère des céréales » et cette plante était vénérée.

Et qui nous la ramenée sur son beau bateau ?….

VINRENT ENSUITE LES KELLOG’S BROTHERS

Repartons en Amérique au 19e siècle.

En 1875, à Battle (Etat du Michigan), le Dr John Kellogg travaille au « Western Health Reform Institute », un sanatorium se targuant de guérir ses malades avec le soleil, l’eau et les céréales.
En 1880, son frère Will Keith Kellog, prend la gérance du Westen Health Reform Institute.

Recherchant une nourriture saine pour leurs patients, les deux frères développent de nouveaux produits, muëslis, beurre de cacahuète… C’est en 1894, au cours d’une de leurs expériences pour remplacer le pain dur et fade servi dans le sana, qu’ayant oublié du blé cuit durant toute une nuit, ils eurent l’idée de le passer entre des rouleaux et les flocons obtenus, après séchage thermique, avaient un goût léger et croustillant.
On les appelait alors « Granose Flakes »… regardez cette boîte, elle est carrément belle !

En 1906, Will a bien compris le truc, il a appliqué la méthode au maïs et fonde une société commerciale BATTLE CREEK TOASTED CORN FLAKES COMPANY.

Un essor prodigieux, Bill doit être vert… en UNE année, 300 collaborateurs fabriquent déjà 4 000 boîtes par jour !

La société est obligée de diffuser des séries d’annonces pour ralentir la consommation,

« For thirty days, please stop eating, Toasted Corn Flakes » !

En 1909, le CA dépasse le million de dollars et la production journalière s’élève à 120 000 paquets.

C’est en 1922 que la BATTLE CREEK TOASTED CORN FLAKES COMPANY change de raison sociale et prend le nom de KELLOG COMPANY ;

La suite on la connaît, essor mondial et voilà le petit pétale de maïs dans nos bols !

PETALE DE MAÏS ?

Les Corn Flakes sont fabriqués à partir de l’amande du maïs et deux méthodes sont utilisées pour la transformée en un délicieux pétale croustillant et doré.

La méthode traditionnelle par laminage consiste en une cuisson vapeur des amandes avec de l’eau, du malt et du sucre.
Après séchage, les amandes sont aplaties entre deux rouleaux cylindriques et les flocons obtenus sont ensuite toastés au four puis enrobés de sucre.
Cette méthode garantie une meilleure qualité.

Avec la méthode par cuisson-extrusion, ce sont des semoules de maïs qui, après incorporation d’eau, passent dans un extrudeur afin d’agglomérer et de cuire le mélange.
A la sortie de l’extrudeur, le mix est floconné (passé entre deux rouleaux), grillé et sucré.
On imagine bien la différence…

CHEZ L’EPICIER :

C’est la boîte Blanche avec le coq, le Corn Flakes Original de Kellogs !
375 g – 1, 71 €.

DANS MON BOL …

Le traditionnel Corn Flakes au petit déj’, c’est lait chaud ou lait froid et du sucre.

Ensuite, tout est permis… chocolat en poudre, yaourt, fruits frais et fruits secs, sirop d’érable…

Ça croustille, c’est sucré et c’est bon…

ILS N’EN VEULENT PLUS ?

Les enfants se sont jetés sur les Chocapic, moi je finis mon muësli, mais j’en fais quoi des petits pétales croustillants qui attendent au fond de la boîte ?

Une recette originale rien que pour vous – Pain de viande aux Corn Flakes.

Ingrédients : 3 tasses de Corn Flakes broyés – 1 œuf – 4 tasses de lait – 1 c. à thé de sel – 1 pincée de poivre – 1 c. à thé de moutarde – 1 c. à soupe de sauce Worcestershire – 1 oignon haché – 700 g de bœuf haché.

Mélangez le tout et faites cuire 1 heure à 225° .

ILS N’EN VEULENT PAS…

Je ne saurais trop vous conseiller de visiter le site kellogg. Vous y trouverez beaucoup de recettes pour finir les fonds de boîtes….de céréales.

ET BIEN SÛR, QUE DU BON…

Apports pour 30 g + 125 ml de lait :

Glucides 31g
Lipides 2,2g
Fibres Alimentaires 0,8 g
Sodium 0,4 g
Niacine 4,6 mg
V B6, B2, B1, B12
Fer 2,4 mg
Calcium 150 mg

En guise de conclusion, ne vous privez surtout pas d’une nourriture si simple et si complète…
En plus, avis très perso, je trouve la boîte plutôt sympa… fait facilement déco dans la cuisine !

Allez bon ap’ les p’tits loups


Coeur d’encre 1/2

Ecrit sur ciao en octobre 2004 sous le titre ‘Coeur d’encre’ (aucun rapport avec le film)

J’ai beaucoup voyagé pour arriver ici.
Debout, un peu penché, d’autres sont avec moi. Celui d’à côté a une étiquette sur le front, je sais lire, j’ai lu 1,50 €.
D’autres, plus vieux, m’ont dit que c’est un prix. Des mains donnent des ronds à d’autres mains. On nous échange contre des ronds.
Je ne sais pas ce que je suis, mais il paraît que c’est bien que je sois bleu.
Les plus vieux, qui sont encore là, m’ont dit que des mains allaient me prendre et m’appuyer sur la tête.
Après, il se passera quelque chose de curieux, pas très agréable, on va me faire bouger, je vais un peu saigner, c’est confus, je n’ai pas bien compris. J’attends. Ça me fait un peu peur, mais j’attends.

J’ai vu beaucoup de mains prendre mes voisins. Il y a une rouge dans le pot à côté, nous discutons beaucoup. Elle est très gentille.
D’autres, nous ont dit que si on nous mélange ça fait une couleur, du violet. Je n’ai jamais vu de violet mais j’ai appris ce qu’est une couleur, et bleu est ma couleur.
Je suis tout chose, c’est vrai que ça fait drôle.

Une main m’a pris, elle m’a appuyé sur la tête.
Tout mon corps s’est mis en mouvement, le système était enclenché, ma colonne vertébrale est descendue d’un coup.
L’extrémité pointue est sortie par mon orifice inférieur.
Et là… la main a fait glisser mon bout pointu, lentement, sur une matière très douce, blanche.

La main m’a échangé contre des ronds métalliques, puis une autre main m’a lancé dans un endroit noir et très chaud.
C’était une cage, nous étions prisonniers. Je dis nous, avec moi il y avait beaucoup de la matière douce et blanche, qui m’a dit être un cahier, un cahier grand et lourd. Il dit qu’à l’intérieur il a des pages, elles tiennent par un grand ressort, sa colonne vertébrale.

Dans la cage, il y a aussi un morceau de bois avec un bout gris qui salit tout.
Il est plus jeune que moi, il a très peur parce qu’on lui a dit que son bout gris doit toujours être très pointu et que, pour cela, les mains utilisent une affreuse machine qui coupe, lacère, ponce… un taille crayon.
Il ne peut pas s’empêcher de tout salir, ça l’embête bien parce que ça use son bout gris ; il va devoir passer au taille crayon, je trouve ça effrayant.
La main nous a tous sortis de la cage ; c’était une poche m’a dit le cahier.

Le cahier sait vraiment beaucoup de choses. Il m’a expliqué que dans le magasin il était rangé à côté des livres.
Les livres sont très bavards et le cahier a beaucoup appris. Il me dit que je suis un stylo, je m’appelle PILOT G-2, j’ai un look « d’jeun », il paraît que je suis un des meilleurs dans une population qui compte pourtant des milliers de spécimen.
Lui, il s’appelle Clairefontaine. Il est vraiment très beau, ses couvertures sont noires, en carton, et il a 120 pages de papier velouté avec de jolies lignes bleues.
Je suis content, la main m’a rangé dans le ressort de Clairefontaine ; j’y suis bien.

Clairefontaine est mon ami.

Quand la main m’appuie sur la tête, c’est une mine qui sort de mon orifice, dans un mouvement vertical, et alors là, ça me fait tout drôle… dès que la main pose ma mine sur le papier, je sens que je dois fournir un effort, je transpire, comme dans une grande course, un marathon, c’est fatiguant. Ça ne me fait pas mal, ça fait un peu bizarre… je me vide un peu, je perds un peu d’énergie.
La main qui écrit est chaude et grande. D’en haut, je vois bien le dessus de la main et parfaitement bien l’autre main. Je vois aussi Clairefontaine et je lis les mots.

Les mains sont massives, il y a des poils dessus, ce sont des mains d’homme. Il écrit des mots que je ne connais pas toujours, Clairefontaine m’explique au fur et à mesure.
C’est l’histoire d’un homme…

« Bon comme il se doit, et d’ailleurs c’est un peu le rôle de ce site, non ? Je vais essayer de me lancer sur un avis … pourvu que je ne m’y écrase pas d’ailleurs.
Mais par quoi vais je commencer ? Bonne question, c’est tellement plus facile de lire vos avis.
Des vers ? Non je préfère les vider que les remplir !! Mais alors un avis sur quoi ? Le syndrome de la feuille blanche me prend il ? Bon là je sais que je vais déjà un peu trop loin… prétentieux, va !!
Bon, c’est bien sympa cette terrasse de café, mais les piétons n’y sont pas légion non plus !! J’ai beau faire le tour de la place, je suis bien seul ici !! Pourtant je croyais bien avoir cliqué sur ciao café !! Mais où est donc la terrasse ? Le barman ne se déplace pas non plus, je crois bien que si je ne le fais pas moi-même personne ne jouera avec le percolateur. Finalement on est toujours mieux servi que par soi-même !!

Il est là assis, sur cette terrasse, devant cette table ronde de marbre grisée et usée par les ans. Il y pose sa feuille noircie par quelques lignes jetées pèle mêle. Son regard perdu au loin, rien ne le dérange, il n’entend pas le brouhaha de la ville, les voix et rires des tables voisines. Il est là seul, les yeux vides, indifférent à toute agitation. »
Il s’appelle Joël, j’aime être dans sa main et suivre la puissance de ses mots, de ses rêves.
Clairefontaine et moi, parlons beaucoup de ce qu’il écrit, c’est une nouvelle, « Un moment d’absence », nous avons hâte de connaître la suite.

Joël écrit d’autres mots, « Audrey », il écrit « aimer », les mots dansent sur les rimes lyriques de la passion fiévreuse.
Il vit l’amour comme un rêve éveillé, Clairefontaine dit qu’une telle histoire est rare.
Les livres lui ont dit que l’amour est ce qu’il y a de plus compliqué pour l’homme.
L’humanité serait constamment en quête d’idéal amoureux, l’épanouissement dépendrait des histoires d’amour.
La majorité humaine semble se démener avec des sentiments, « je t’aime – tu m’aimes – on s’aime : on passe notre vie ensemble ».
Pour d’autres, plus rares, aimer est un dieu, un créateur qui dicte les conduites, les règles de vie et impose l’altruisme. On appelle ça les religions, je pense que ce sont de simples « garde fou » ; simples est trop simple, des « garde fou » édictant toutes les règles, jusqu’à la prise de nourriture parfois, et donnant les explications à « Pourquoi » « Comment »…

Cela fait maintenant 15 jours que j’écris des mots.
Quand Joël me prend dans sa main je suis impatient, je sais comment former les lettres, marquer la ponctuation et rester en l’air, comme ça, quelques secondes, dans l’attente du mot ou de la phrase.
Je suis vigoureux, en pleine force de l’âge.
Aujourd’hui, il s’est passé une chose extraordinaire. Secrètement, j’imaginais ce moment, doutant qu’il puisse arriver.
Audrey m’a pris dans sa main, elle a ouvert Clairefontaine, l’a retourné et s’est mise à écrire.

C’est bien le cas de le dire, nous étions tout retournés. La main de Audrey est plus petite, plus fine, mais surtout plus douce.
Elle me fait voler sur les pages, c’est une caresse.
Les mots, les mots aussi sont différents, on dirait que les femmes ont une sensibilité différente. J’ai senti, dans la main d’Audrey, des mots à fleur de peau. Tout autour de moi, ils me frôlaient, dégringolaient, se battaient pour être écrits.

Clairefontaine était très ému, l’autre main d’Audrey était posée sur la page blanche et en caressait le velouté.
«Il est vrai que je m’imprègne des êtres comme des livres. L’immersion lente, progressive, pour comprendre. Du tiède aller vers le chaud et être en sécurité. Me noyer, ne faire qu’un ? Mais qui est qui ? Me donner et recevoir.
Avec les livres, extraordinaire, je sais que le livre a une fin, j’accepte d’être malmenée par les mots.
Avec toi c’est différent. J’étais au chaud, insouciante, bienheureuse, était-ce le bonheur ? Oui, on appelle ça le bonheur je crois.
J’ai continué mon immersion, allant chercher encore plus de chaleur, ne faire qu’un, la fusion ?
Au cœur, au cœur de toi je me suis brûlée…
J’étais collée à un iceberg, un bloc immense et solide. J’ai donné des coups pour le fracasser, il n’a même pas bougé. J’étais accrochée, collée, coincée, il faisait sombre. L’adhérence, aimantée…
Il m’a fallut me débattre pour sortir de là. Projetée à la vitesse de la lumière, j’ai fait la traversée en sens inverse, je ressenti la chaleur et puis… froid, froid, j’étais sorti de toi, en dehors de toi.
Je te survole, te regarde de l’extérieur, quelle drôle de planète es-tu pour avoir une surface tiède, une écorce chaude et un cœur glacé ?
Tes rêves circulent sur un radeau de glace, sans me tuer je ne peux y accéder.
Mais je sais, je sais comment je ferais.
Je te ferais fondre tellement je vais t’aimer. »

Clairefontaine et moi étions tout émus. La mélancolie combative, la rage des brûlures… enfin nous connaissions Audrey.
Leur amour nous apparût alors comme le combat de deux âmes perdues, blessées, sensibles.
21e jour : Mon réservoir est au ¾ vide, je sens que mon énergie décroît, le plaisir des mots lui, est de plus en plus fort.

24e jour
: « Il sent pourtant le vent doux et tiède glisser sur les feuilles des arbres qui l’entoure. Ces platanes qui ont vu, entendu, tant et tant au fil des ans, partagé les silences nocturnes de la ville endormie.
Témoins de rencontres amoureuses, de moments doux et joyeux, de ruptures douloureuses et humaines, ils sont depuis si longtemps ignorés par tous, seuls quelques uns leur font honneur, comme cet oiseau au plumage coloré qui sautille sur ses bras torturés dans une danse effrénée autour de son amour printanier. Les fourmis qui ne cessent de charrier leurs élixirs de vie sur son échine écornée.
La vie reprend son sens, les fleurs du quartier ont unis leur parfum, mélangées leurs couleurs, l’eau coule tranquille et rassurante de la bouche de cet ange des fontaines. Un chien de passage s’arrête brusquement devant cet océan de fraîcheur, y plonge le museau, et repart à toutes pattes comme il est venu. »

26e jour : « JE T’AIME tu me manques… ici tu aurais été, ici je t’aurais aimée » « mais avec toi ce n’est pas du rêve c’est chaque jour plus beau encore » « oui, la bonne humeur comme son nom l’indique cela se hume… je ferais un domaine où l’amour sera loi, où l’amour sera roi, et tu seras reine…. » « Tu es là, près de moi tant et tant, tout autant, que le temps, une fois, des fois parfois et te voilà le plus souvent toujours près de moi….je suis bien… »


Coeur d’encre 2/2

Ecrit sur Ciao en octobre 2004 sous le titre Coeur d’Encre (rien à voir avec le film)

28e jour
: Clairefontaine compte ses pages, près de la moitié sont remplies. Dans nos longues conversations, lorsque la maison est silencieuse, nous nous interrogeons beaucoup sur les hommes.
Ils ont le pouvoir extraordinaire d’exprimer leurs pensées, leurs sentiments. Ils ne le savent pas mais, ils sont les seuls êtres vivants à pouvoir faire ça. Ils peuvent construire et détruire, c’est phénoménal.
Pourtant, il nous semble qu’ils ne maîtrisent pas ces pouvoirs. L’humanité à 3 millions d’années et l’homme se comporte comme s’il était un petit enfant. Il vient d’apprendre à manger seul, avec sa cuillère. Il cajole son nounours et casse le jouet de son copain.
De nombreux hommes ont réfléchis, beaucoup, très intelligents, ont donné leur avis. Certains ont créé des œuvres si magnifiques qu’on les dirait d’inspiration divine. Des poètes, des musiciens, des philosophes… des artisans, avec leurs mains, ont bâti des cathédrales, plus modestement avec la même magnificence, ils ont confectionné un confiturier ou une table.

Des femmes ont accouché et élevé leurs enfants, des hommes se sont battus pour prendre les terres de leurs voisins ou pour défendre les leurs.
Et ça fait des millions d’années que ça dure…
Il existe un mot, très joli.
Expérience… cette capacité de réflexion et de remise en question ne semble être utilisée qu’individuellement, et au plus pertinent, à partir de la moitié de la vie d’un homme.

3 millions d’années après le premier homme, des femmes meurent encore en accouchant, des enfants, des populations entières meurent de faim, un homme qui a la peau blanche peut empêcher un homme à la peau marron de travailler, de manger, d’avoir un toit, de vivre.
Comment se fait-il que l’humanité n’en soit que là ?

Et puis finalement, avec Clairefontaine nous nous disons qu’il s’agit là d’interrogations bien absurdes. Les hommes ont bien dû réfléchir à ce sujet et trouver les réponses convenables… seulement, nous n’en avons pas connaissance.
Nous nous disons que nous sommes bien contents d’être tombés entre les mains de Joël. Sa main vibrante, virile, sûre d’elle, empreinte d’une poésie allant parfois jusqu’à la déchirure. Souvent ludique, il nous amuse aussi.

« Le moment d’absence » continue.
31e jour : Une petite main m’a pris. Elle était pressée mais semblait ne pas maîtriser l’écriture comme Joël.
Nous avons écrit un texte incompréhensible :
« code pour dézinguer Groudon ennemi juré de Pikachu : □∆►▼□⌂ Entrer »
C’était sur un petit papier jaune de piètre qualité, ça m’a fait mal à la mine.

La petite main ne m’a pas rangé avec Clairefontaine. Je me suis retrouvé dans un pot avec d’autres stylos et crayons. J’ai retrouvé le crayon de papier de la poche. Le pauvre, squelettique, gris, tout rayé, il souffrait le martyr. Il avait une grande blessure juste à côté de la mine, ça le faisait atrocement souffrir ; c’est à cause du taille crayon m’a t’il dit, il est sans pitié et se moque bien de me déchirer.
Le taille crayon était aussi dans le pot, personne ne lui parlait. Il faut dire qu’il était tout au fond et qu’il était lui-même très silencieux. Il m’effrayait un peu, toutefois je tentai d’engager la conversation pour le ramener à de meilleurs sentiments.
Il s’appelait UHU, sous ses airs de dur, car il est vrai qu’il est en acier inoxydable, il n’aimait pas ce qu’on lui faisait faire.
Sous sa lame tranchante, il entendait geindre les crayons de papier, ça le rendait fou. Il m’expliqua que souvent les tailles crayons se sabordent, se suicident en abîmant leur lame à un tel point, qu’ils deviennent inutilisables.
Son rêve était d’appartenir à un molubdotémophile, mais ça n’arrivait que très rarement, alors il pensait sérieusement à salir sa lame, la faire rouiller dès que l’occasion se présenterait, et surtout à garder un maximum de plomb et de bois sur sa lame pour l’encrasser plus vite.

Mon séjour dans ce pot fût une drôle d’expérience.
J’ai pu, aussi, m’entretenir avec les Stabilo. Ils sont vieux, connaissent beaucoup de choses très importantes. Ils n’existent que pour ça, pour souligner les choses importantes.

Ils sont un peu sots parfois, ils crient très fort : « 16 heures coiffeur Joël !! », parce qu’ils croient que c’est très important.
Ils n’arrivent pas à différencier l’heure du coiffeur pour Joël et une poésie de Baudelaire. Ils ne connaissent pas ou peu les verbes et la conjugaison, mais sont intéressants parce qu’ils sont vieux.
Quelques uns ont 30 fois mon âge, ils connaissent des choses anciennes, se rappellent quand Joël et Audrey ont emménagé dans la maison « Vider Carton Vaisselle », « Déchetterie Cartons », « Chercher Maintenance Chaudière » ; ça me faisait un peu envie en les écoutant, mais en fait, à mieux y penser, je préfère l’intimité très forte, si courte soit elle, à cette longue vie dénuée d’autres intérêts que des utilisations fugaces sur des horaires ou des phrases écrites par d’autres.

Clairefontaine me dit qu’il voit mon niveau d’encre baisser, il s’inquiète un peu pour moi.
Une vie de stylo dans le monde de l’écriture c’est comme une vie de papillon dans le regard d’un enfant.
Ça me fait peur.
J’ai appris à mesurer ma ressource, mais c’est beaucoup trop frustrant, le dilemme est de plus en plus douloureux. Je dessine maintenant les mots avec la maîtrise et le plaisir qu’aurait un artiste abouti. Oh ! je sais bien qu’un artiste n’est jamais abouti, alors imaginez !
34e jour : Nous sommes partis en voyage, avec Joël.

37e jour
: « A l’est de l’Europe, triste paysage… d’un peuple en souffrance, dans un pays qui ne demande qu’à vivre…D’un saut de puce vers l’ouest me voici sous le charme de cette ville de Bohème.. »
40e jour : La douce main m’a repris :
« Tu étais loin, si loin et pourtant la sensation qu’une partie de toi est toujours là, en moi. La certitude de l’attachement. Certitude de l’amour ?
Dans quelques minutes dans tes yeux je vais me noyer, me perdre, m’oublier… oserai-je ? Oserai-je… »

43e jour : « Sur la table, la feuille retenue par le stylo ondule au gré de la brise, se soulevant régulièrement, il est toujours là, et pourtant si absent qu’il ne remarque pas une présence à ses côtés. Seul un subtil parfum l’enivre, brouille ses sensations …. Les oiseaux s’envolent brusquement, des cris d’enfants l’envahissent. Une moto démarre en trombe, moteur à plein régime. Un autre véhicule passe, laissant derrière lui un panache de fumée noire et nauséabonde.
Soudain, il entend l’onde d’une voix douce lui demander, « excusez moi, monsieur, puis je vous empruntez cette chaise ? »

Mon encre est au niveau du ressort.
Clairefontaine est de plus en plus inquiet, je ne suis plus très bavard, je m’économise pour les mots, je veux écrire encore, je veux écrire beaucoup.
La douleur maintenant, de plus en plus violente, de l’encre qui s’échappe se mêle au plaisir toujours plus intense de l’écriture.
Je connais la main de Joël, c’est là que je suis né. Je sais former ses lettres par cœur, je n’ai plus besoin d’y penser.
Si je ne souffrais pas tant, je pourrais, maintenant, rester concentré sur le sens des mots et des phrases.

47e jour
: ça s’arrange entre Joël et Audrey, ils s’aiment ces deux là, c’est sûr.
Je voudrais vivre tout le temps avec eux, pourtant je sens que ma fin est proche.
Clairefontaine me supplie de m’économiser, il me parle beaucoup.
Il s’est renseigné auprès du Dictionnaire et il me dit qu’il existe des recharges ou des cartouches pour les stylos, mais il ne sait pas si ce procédé peut m’être appliqué.
J’aime toujours autant les douces pages, l’énergie de la chaude main qui me tient. Mon mécanisme fonctionne très bien, je serais peut être rechargé ?
Ah, cette douleur… toujours, de plus en plus là…
48e jour : je suis fatigué, très fatigué. Mon encre part, ça me vide, je m’essoufle. Les mots sont tellement beaux

« D’un mouvement souple il tourne la tête, ses yeux reprennent vie son visage s’éclaircit, elle est là debout devant lui, souriante, à attendre sa réponse … pardon euh oui bien sur…dit il un peu gêné, il la voit s’éloigner tirant la chaise aisément, le regard toujours posé sur le sien.
Une sonnerie stridente retentit, Il ouvre subitement les yeux, le reflet blanc du plafond l’aveugle, ses paupières se referment.
Les rayons du soleil rayonnent dans la pièce. Il se lève, s’assied à son bureau, prend son stylo et se remet à écrire… »

Joël remonte son stylo vers ses lèvres.
Dans un long souffle chaud sur sa mine, il tente de chauffer les dernières gouttes d’encre.

Non, décidément, il ne fonctionne plus.
D’un geste machinal, avec l’assurance qui le caractérise, il jette le stylo dans la corbeille d’osier. Parmi les enveloppes déchirées, les courriers froissés, les tailles de crayons de papier et une feuille veloutée un peu chiffonnée sur laquelle il distingue
« Joël, viens me chercher, s’il te plaît, viens ! ».


Dis papa, comment on fait les bouteilles de lait ?

Me voilà repartie, telle un Don Quichotte, à regarder tourner les roues du moulin et à me demander d’où vient le vent ?

« Quelle place pour le père dans le couple ? Nouvelle répartition des tâches ? »

Dans mon entourage, nombre de pères ont abandonné.
Beaucoup d’entre eux, ceux de ma génération, sont mal dans leur basket. Entre le rôle de père disponible, celui de compagnon aimant et l’ambition professionnelle, ou du moins la crainte du chômage et la niake pour garder son job, les petits costauds des écoles de garçons, qui se bastonnaient à la sortie de l’école, ont bien du mal à compter leurs billes.

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J’ai, à la maison, cinq de ces « spéci men », mon compagnon et quatre fils, deux sont à lui, deux sont à moi.
Les fils : élevés dans des milieux culturels différents, assommés de valeurs toutes aussi différentes, leurs comportements n’en demeurent pas moins identiques lorsqu’il s’agit des « tâches partagées ».
« Je ne suis pas une boniche » me fût à plusieurs reprises renvoyé par les impétueux bonhommes.
Malgré la « règle des tours » pour mettre la table et un indispensable flicage pour s’assurer que le linge sale prend la bonne direction, je reste tout de même consciente de l’effort fourni par les garçons.

Elevés dans la logique du « grand, beau et fort » (et pour les filles du « belle, sage et tais toi), nos petits garçons mesurent leur valeur par la force, l’adresse et l’intelligence… et, assez schématiquement c’est ce qui les fait grandir, ce qui les construit.
Dans ce contexte, leur demander de faire leur lit ou de ranger leur chambre, de mettre le couvert ou de ranger le linge contient une part d’humiliation, que très vite seul le père arrive à faire subir (forcément c’est lui le plus fort !).
Ces tâches, autrefois accomplies par les femmes et laissées à leur dextérité, n’ont aux yeux des petits garçons aucunes valeurs, n’engageant ni leurs capacités physiques ou intellectuelles… elles ne sont pas valorisantes. Et bien au contraire, « faire des trucs de filles », ça craint…

Parle nous de ton compagnon me direz-vous, car le sujet est bien « La place du père…. ».

J’ai abordé le sujet avec les fils parce qu’il m’apparaît évident que l’éducation et les références culturelles qu’elle trimbale sont le noyau dur de notre petit problème.

Le père d’aujourd’hui, élevé dans les préceptes précédemment cités, a ceci de différents avec ses fils…
Mûrissant et voyant sa compagne s’affairer telle une abeille, l’homme se rend bien compte que s’il ne met pas la main à la pâte il peut s’asseoir sur sa turlutte hebdo ou aller voir ailleurs si j’y suis.
Toutefois, et malgré sa bonne volonté, il ne prendra guère les initiatives et ceci engendrera les sempiternels reproches entendus chez tous les couples qui ont + de 5 ans de bouteille
« Elle n’est jamais contente », « Elle ne s’arrête jamais » dira l’homme frustré
« Il n’en fout pas une », « toujours le cul devant la tv » dira la femme épuisée (et frustrée aussi).

Alors !!
Carton rouge pour ma génération qui s’adapte difficilement, et celle de nos aînées, de nos mères qui n’ont pas vu arriver le nouvel homme… il ne vit plus dans une maison nécessitant de multiples bricolages, il ne fait plus la vidange de sa voiture ou autres travaux herculéens.
L’homme actuel vit dans un appart et achète du « tout prêt », il fait faire sa vidange puisque l’étendue de son garage ne lui permet pas de poser un tournevis, il ne jardine pas, au mieux parce qu’il n’a pas le temps, au plus fréquent parce qu’il n’a pas de jardin, sa valeur se mesure en CAC 40 et ses préoccupations sont « garder mon job », « payer mon loyer et le psy du petit », « aller au ski en février », « aller au soleil l’été prochain ».

A l’ère du rtt et du loisir « hollywood chewing gum », on ne demande plus aux hommes de savoir faire pousser une tomate ou de faire preuve d’ingéniosité dans la maison pour agrémenter un quotidien difficile ou de faire des travaux nécessitant force et ténacité (monter une charpente sous la pluie, bêcher la terre du jardin, couper le bois et le transporter….).
L’homme doit être compétitif parce que tout s’achète.

La nouvelle place du père dans le couple dans tout ça…

Si l’on veut bien consacrer quelques secondes à la psychologie du couple et de l’enfant dans le couple, on apprendra que la mère est celle qui porte l’enfant vers l’intérieur (instinctivement la mère porte son enfant en prenant soin de mettre son visage sur son épaule ou sur sa poitrine), elle est la douceur, celle qui rassure.
Le père est celui qui porte vers l’extérieur, qui fait découvrir le monde et qui lance les défis.

Ne faudrait-il pas considérer ceci pour définir la place de chacun, laisser parler les instincts ?

L’homme sera toujours la force et il faut lui laisser ce rôle. Nous les femmes en avons besoin et nos petits aussi. L’homme a l’instinct des défis et de se mesurer, laissons le apprendre ceci aux enfants.
Laissons au père son vrai rôle, celui d’un éducateur, qui demande souvent « plus » parce qu’il a aussi cette fierté… son moteur.

Et dans la nouvelle répartition des tâches apprenons aux hommes un peu de cette douceur qui fait parti de notre univers (dans la mesure où nous sommes parties au charbon et que les mêmes stress du boulot nous pourrissent la vie).
L’homme abordera souvent ces tâches d’une façon qui nous paraît saugrenue… très vite le bain du petit deviendra le théâtre d’une bataille navale, le repas pris à la petite cuillère prendra la tournure d’un ballet aérien bruyant et après l’habillage votre bouchon reviendra transformé en superman.
Dans les travaux ménagers l’homme peut encore se révéler ludique, la guerre et le sport étant ses principales inspirations… le ballai se transformera en club de golf et l’aspirateur en mitraillette…

Qu’à cela ne tienne, nous les femmes, avons, à notre façon et avec nos armes, envahi le territoire masculin, celui du travail.
Les postes de leaders, les professions autrefois réservées aux hommes nous sont ouverts, alors laissons les envahir notre monde à leur façon, en respectant ce qu’ils sont.

Inutile d’exiger de notre homme qu’il soit aussi efficace que nous pour l’entretien de la maison ou qu’il ait la même patience et le même « émerveillement » avec les bouchons…. Ou alors… si vous lui demandez ça, soyez aussi capable d’aller tondre les 900 m2 de pelouse et sortez la poubelle de 10 kg…

Je veux dire, en fait, qu’au-delà de l’éducation nous avons des instincts, des sensibilités et des comportements tellement différents qu’il nous faut surtout penser à « composer ».

Dans cet avis, j’aurais pu rester « basique » et me limiter à « puisque nous les filles allons au bureau, eh bien les hommes doivent se mettre aux tâches ménagères »…

Si nous sommes au boulot maintenant, c’est parce que nos grands-mères se sont battues pour ça, pour que nous soyons indépendantes, et aussi parce que l’économie mondiale a explosé… ils n’y sont pour rien, ils n’ont rien demandé et nos mères ont continué à les élever comme si nous allions rester à la maison pour tout faire. Elles ont voulu l’indépendance… nous l’avons, mais les principes d’éducation n’ont guère changé et ça fout un bazar terrible !

Méga plantage et pas glop… les hommes ne savent plus comment se valoriser parce que nous les égalons ou les dépassons au boulot… Il leur faut retrouver une position valorisante, constructive, nécessaire dans la famille.

Alors patience, laissons leur le temps, montrons leur le chemin et acceptons qu’ils fassent différemment de nous.
Ils ont un long apprentissage à faire, celui d’une remise en question très nouvelle (quelques 50 ans peut être… sur l’échelle de l’humanité c’est minuscule) et ils n’ont pas de modèles.

C’est difficile pour tout le monde, les mariages se défont plus vite qu’ils ne se font… composons, composons, apprenons à vivre « ensemble ».

Et les garçons, cessez d’être jaloux quand le tout petit arrive… l’amour que votre compagne éprouve pour votre enfant n’a rien à voir avec ce qui vous unit. Elle peut continuer à vous aimer en cajolant son enfant, c’est aussi dans ses capacités !

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Tchesssss – Manager de futurs princes charmants 🙂